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Impact de la crise sur les produits ayant une promesse nutrition-santé

20 juin 2009

Catégories : Côté consommateurs, Côté produits


40 professionnels ont assisté au petit-déjeuner IREMAS sur la thématique «Consommateurs, Crise, Alimentation Santé » animé par Pascal Hébel (Responsable du secteur consommation du CREDOC) et Antoine Duvinage (Directeur Qualité du Groupe Monoprix).

EN PERIODE DE RESTRICTIONS BUDGETAIRES ET ALIMENTAIRES,
COMMENT LES CONSOMMATEURS TRAITENT-ILS LES ALIMENTS A « REVENDICATION SANTE » ?

confused-consumer

La crise financière et économique actuelle s’inscrit malheureusement au coeur d’une tendance antérieure, défavorable au budget alimentaire, avec un net décrochement constaté dès 2003.

Plus spécifiquement, la question posée est : Comment les marchés de produits revendiquant (explicitement ou non) un effet santé sont-ils impactés ?

Voici quelques extraits de ce qui s’y est dit. Et pour plus d’infos … contactez-nous !

Pascale Hébel

L’alimentation en général :
- Changement des comportements en 2008 vs 2007 : Le prix est le premier déterminant du lieu d’achat pour ses courses (Baromètre alimentation Credoc)
- Davantage d’achats faits à proximité. Il s’agit sans doute d’un changement durable lié au prix du carburant et aussi à la recherche de lien social (gens proches). Tout cela est accentué par la crise mais il s’agit d’un changement structurel dont l’amorce est antérieure à la crise.
- Baisse d’achat des plats préparés, biscuits sucrés et salés, confiserie, eaux en bouteille, produits laitiers ultra frais. Hausse en revanche pour les conserves.
- S’ils n’avaient pas de contrainte budgétaire, près de 33% des consommateurs rêveraient de consommer davantage de produits frais et 30% ne changeraient rien à leurs achats (Etude Semmaris, juin 2008).
- Parmi les critères d’achats inspirant confiance, perte de 12 points pour les ‘Marques’ et perte de 10 points pour la présence d’un label, en 2008 vs 2007.

Et l’alimentation santé ?
- En 2007, 89% des Français pensent que ce que l’on mange influe sur la santé. La France est en passe de rattraper les autres cultures sur ce plan.
- Le critère santé fait partie de la qualité d’un produit, pour environ ¾ des Français (Baromètre alimentation, Credoc). Le goût restant le premier critère de qualité.
- En 2008 vs2007, recul des produits santé et augmentation des produits de nécessité. On observe aussi une recherche de plaisir.
- Retour aux fondamentaux, on réfléchit avant de payer cher : baisse des aliments non essentiels, hausse des aliments à cuisiner (mais surtout dans un cadre de loisirs), il n’y a pas de retour vers la cuisine-corvée.
- Les injonctions santé (ex. valeurs nutritionnelles) ont moins de prise sur les consommateurs qui sont confrontés à bien d’autres ‘soucis’.

Antoine Duvinage
- Le fond de rayon a tendance à être acheté en hard discount.
- Mais pas de stockage des aliments fond de placard. On achète au fur et à mesure, retour aux achats unitaires. Ce qui augmente les visites des points de ventes de proximité.
- Les clients viennent chez une enseigne comme Monoprix pour se faire plaisir.
- Pas de baisse globale de la consommation mais un choix pour ‘éviter de tomber dans la déprime’
- Par rapport aux produits santé, les consommateurs ne veulent pas que ces produits deviennent un souci supplémentaire et disent stop aux discours moralisateurs (indice carbone, taux de lipides, etc…)
- Les préoccupations santé n’ont pas disparu, mais elles semblent être remontées en amont de la chaine alimentaire. Cela expliquerait par exemple l’explosion du Bio.
- Augmentation du besoin de confiance et du besoin de plaisir.
- Dans l’aliment, la santé ne doit pas être un aspect « en plus » mais elle doit être complètement intégrée. Recherche d’aliments ‘non-nocifs’ et plaisir.
- Les produits Bio sont en nette hausse, avec un recrutement important de consommateurs. Le Bio participerait du « faire bien » (pour moi, pour la planète…).
- La demande de ‘local’ est très importante et révèle l’attachement des Français aux produits régionaux.
- « La décontraction nutritionnelle (et non plus les peurs et les craintes) sera indispensable à la relance de la consommation ».

En conclusion de ces deux interventions et de la discussion qui a suivi, il est ressorti quelques points majeurs :
Sauf raison ou occasion particulière, le prix est devenu le premier déterminant des achats alimentaires.
Une offre alimentaire doit faire plaisir et « en plus » être saine, sûre et nutritionnellement correcte.
Les consommateurs fuient la complication, l’incertitude et le stress : ils ont besoin de réassurance et fuient les sollicitations perturbantes ou culpabilisantes.
La « crise » fait que le surcoût lié à un achat spécifique (par exemple un « aliment santé ») doit être justifié par une promesse et une « raison d’y croire » indiscutables : la conjoncture n’est donc pas favorable aux aliments santé, aux labels en général ou aux marques.
Par contre, les performances actuelles du « bio/naturel » semblent correspondre à plusieurs des critères indiqués !

Source photo : Ralph Bijker, Flickr image

Confusion de l’étiquetage : avis d’une consommatrice

25 avril 2009

Catégories : Côté consommateurs


Relevé sur le blog Actualités du site Passeport Santé.net,

Suite à l’article “Les étiquettes alimentaires : les comprenez-vous ?”, voici différents commentaires publiés par des internautes, visiblement déjà un peu experts en lecture d’étiquettes pour certains :

1-
“OUI IL EST DIFFICILE DE COMPRENDRE LA VALEUR NUTRITIVE OU MALSAINE DES TERMES UTILISÉS DANS BEAUCOUP DES PRODUITS VENDUS DANS LES MARCHÉS ALIMENTAIRES.
J’APPRECIERAIS BEAUCOUP S’IL Y AVAIT UN GLOSSAIRE ALIMENTAIRE NOUS PERMETTANT DE COMPRENDRE LES TERMES UTILISÉS ET LEUR CONTENU.
SOUVENT JE VOUDRAIS ACHETER UNE GATERIE ET J’ESSAIE DE VOIR PARMI LES CHOIX CELUI QUI SERAIT LE MOINS DOMMAGEABLE POUR MA SANTÉ. ÉTANT DONNÉ QUE JE FINIS TOUJOURS PAR ÊTRE INCERTAINE DE BIEN COMPRENDRE, J’ÉVITE D’EN ACHETER.
C’EST SUREMENT MEILLEUR POUR MA SANTÉ, MAIS CE SERAIT RÉCONFORTANT D’AVOIR UNE FACON D’APPRENDRE A BIEN COMPRENDRE CES TERMES.”

2-
“Pour un peu que l’on se donne la peine de les comprendre, les étiquettes des produits alimentaires sont une excellente source de renseignements”.

3-
Je lis systématiquement les tableaux des valeurs nutritives de tous les aliments que j’achète et les quantités qui y sont indiquées vont influencer mon choix. Cependant, lorsque vient le temps de savoir si ce produit est riche en fer, calcium ou zinc, les tableaux n’indiquent qu’un pourcentage. Par exemple, mes céréales du matin indiquent que chaque portion contient 50% du fer requis quotidiennement… En sachant que les besoin en fer d’une femme est deux fois plus grand que celui d’un homme, que veut réellement dire ce pourcentage ?

4-
“Ces tableaux nutritionnels devraient même devenir plus précis
Par exemple, les sucres naturels et les sucres artificiels devraient être spécifiés sur ces tableaux… Il devrait être obligatoire pour les entreprises de déclarer si les ingrédients utilisés sont biologiques ou non, si des pesticides ont été utilisées pour les produire ou s’il s’agit de OGMs… En somme tout ce que ces entreprises ne veulent pas nous dire…”

Plus d’info, moins d’info… la question est peut-être “Où délivrer l’info ?”.
L’étiquette seule ne suffira jamais à transmettre tout ce que l’on voudrait.

La cacophonie nutritionnelle en France vue par une américaine

22 janvier 2009

Catégories : Cacophonie


C’est un témoignage plein d’enseignements que nous livre cette américaine venue vivre en France, et qui retourne aux USA. Elle compare les deux approches et attitudes vis à vis du surpoids dans les media et au travers des produits disponibles en linéaires.

On pensait être envahis par les messages et actions de lutte contre l’obésité, … selon Chelsie Yount  l’obsession est bien plus présente aux Etats-Unis : elle se voit et se ressent partout, et tout le temps.

Et cette phrase qui décrit bien un des inconvénients majeurs de la cacophonie nutritionnelle : “Too much noise to hear it all“. Eh oui !

J’admets que sa vision de la nutrition en France me semble idéalisée et que nous sommes plus proches des pratiques américaines que ce qui est dit ici. Mais cela reste intéressant à lire. Je ne résiste pas à l’envie de retranscrire certains passages ci dessous, et pour lire son billet de bout en bout, cliquez ici !

” … on American soil, the persistence of weight-talk seemed aggressive.”

“Think of a high school band warming up: you notice a clarinet’s awkward squeak and a few foreboding notes emitted by a tuba, but the vast majority of what you hear is unavoidably ignored. Unfortunately, the nutritional cacophony is not preparing to sing in harmony of the truths of food and eating, but is composed of thousands of voices competing for our attention and dollars.”

“In the United States, health information publicized by the media and food industry has provoked the demonization of one nutrient after another. First saturated fats and cholesterol had to go, then salt became the monster behind high blood pressure. Next cholesterol got more complex with the establishment of “good” and “bad” varieties. Fat followed soon after when adjectives like mono, poly, and trans became critical in determining health consequences and product choices.”

“Nutritional information pushing products adds confusion to the cacophony…” ,

“USDA recommendations like “decrease consumption of meat” are reworded to become “increase consumption of lean meat” when the president of the National Cattlemen’s Association complained that, “decrease is a bad word, Senator.” ”

“In France, nutritional information is more likely to be communicated privately from doctor to patient than through the media. It would be rather bizarre if Le Monde printed a column of weight loss tips.”

“The quantity of nutritional information that bombards the American public puts the pressure on the individual to decide what advice to believe and follow. When I asked my doctor in France about weight loss, it was almost a calming experience.”

Source :  CalorieLab.com



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