Fruits et légumes … le dogme remis en cause ?
12 avril 2010
Catégories : Ce qui exacerbe la cacophonie
Excellente illustration de cacophonie alimentaire générée et alimentée par les médias !
Des résultats scientifiques de l’étude épidémiologique EPIC vont bientôt être publiés dans le Journal of National Cancer Institute. POur l’instant on dispose d’une pré-publication.
Réalisée sur une cohorte de 500.000 européens, elle conclue à une association inverse faible (mais observée) entre augmentation de la consommation de fruits et légumes et risque de cancer. Tout en appelant à la précaution lors de l’interprétation de ces résultats, peu puissants, et présentant des nuances importantes dans le traitement des données.
Très rapidement, les medias grand public ont lancé une polémique autour de l’intérêt d’une consommation importante de fruits et légumes (5 par jour) en prévention de cancers, repris allègrement par nombre de sites web d’actualités ou de santé.
“On nous aurait menti ?”, “Ce n’était donc qu’un slogan publicitaire ? ” “Finalement pas efficaces”, “le dogme écorné” … la déception est magnifiée !
Est-ce vraiment le meilleur rôle à jouer par les medias ?
Ces données ne devraient-elles pas être publiées d’une part, puis décodées par le milieu scientifique et médical plutôt que d’être renvoyées “brutes” au public ?
Est-il constructif de pousser les lecteurs à penser avoir été roulés dans la farine par ‘tous ces scientifiques qui disent tout et leur contraire’ ?
Voire à décrédibiliser toute l’approche d’équilibre alimentaire et de prévention nutritionnelle construite au fil des ans ?
Pour celles et ceux qui veulent lire l’abstract : cliquez ici
Sources : blog-nutrition.fr ; Figaro.fr ; Yahoo.fr ; Topsanté.com ; Doctissimo.fr ;
L’Afssa propose de nouvelles recommandations pour les lipides
29 mars 2010
Catégories : Ce qui exacerbe la cacophonie, Ce qui tempère la cacophonie

Les apports nutritionnels conseillés (ANC) pour la population française en termes de lipides (graisses) ont été actualisés par un groupe d’experts à la demande de l’Afssa *.
Les grandes lignes qui pourront, selon la façon dont elles seront diffusées, tempérer ou exacerber la cacophonie nutritionnelle :
- Plus grande souplesse sur la quantité de lipides totaux : on passe de 30-35% à 35- 40% des calories de la journée. Du coup, on ne peut plus dire que la plupart des Français mangent trop gras.
- Scission du groupe des acides saturés en deux sous-familles : les acides gras saturés qui, en excès, augmente le taux de cholestérol sanguin ”contre” ceux qui, même en grande quantité, n’influent pas sur le cholestérol sanguin. On introduit ainsi une nuance entre “bons” et “mauvais” acides gras saturés alors que jusque là, ils incarnaient en vrac les “mauvaises graisses”.
- Plus grande tolérance pour l’apport total d’acides gras saturés qui passe de 8% à 12% de l’apport calorique total de la journée. Les Français en consomment en moyenne 16% de leur apport calorique : ce qui était deux fois trop important est maintenant 30% de trop.
Tout cela génère plein de questions, dont celles-ci …
Si on peut consommer plus de lipides mais pas davantage de calories … est-ce au détriment des protéines ? des glucides ?
Si c’est en mangeant moins de glucides … parle-t-on des glucides simples (sucres+) ? des glucides complexes (amidon, féculents+) ?
Si l’équilibre se fait en diminuant l’apport conseillé en féculents … pourra-t-on encore encourager à consommer davantage de féculents (campagne PNNS / Inpes) ?
Le texte de l’Afssa n’y répond pas pour l’instant.
C’est sûr les discours vont changer !
Ces seuils sont des repères pour les professionnels de la santé et de la nutrition, capables de les interpréter.
Espérons que l’information sera bien traitée avant restitution aux consommateurs.
La totalité de l’avis est disponible sur le site de l’Afssa.
Source : www.afssa.fr
*Afssa : Agence française de sécurité sanitaire des aliments
Alli, la pilule de la cacophonie
11 juin 2009
Catégories : Ce qui exacerbe la cacophonie, Côté consommateurs
Depuis le 6 mai, vous pouvez découvrir la pilule Alli ! Remède miracle contre la prise de poids, Alli est en vente libre derrière les comptoirs des pharmaciens. La Commission européenne a en effet accordé l’autorisation de mise sur le marché pour ce médicament qui est une version allégée du médicament Orlistat, commercialisé sous le nom Xénical, disponible sur prescription médicale depuis plusieurs années. Alors que le Xénical est vendu en dose de 120 mg, Alli est commercialisée en dose de 60 mg. Cette pilule est indiquée pour les personnes ayant un surpoids déclaré, correspondant à un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 28. Cependant aujourd’hui n’importe quel patient/consommateur peut se la procurer !
Pouvez-vous entrevoir les nombreuses cacophonies ?
1. Depuis plusieurs années, le corps médical encourage vivement les personnes en surpoids ou obèses à être suivies par un spécialiste. Cependant ces patients ont maintenant la possibilité de gérer seuls leur problème de poids grâce à cette pilule magique.
2. Il est assez évident que les personnes sans véritables problèmes de poids vont se procurer ce médicament pour affiner leur silhouette ou pour se permettre de manger plus que de raison sachant que cette pilule éliminera le surplus de graisses.
Rappelons que l’AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) recommande aux candidats potentiels de consulter leur médecin « avant de débuter un traitement avec Alli ». Cet avis médical est en revanche « nécessaire » chez les diabétiques et les patients traités par amiodarone contre des troubles graves du rythme cardiaque.
Alli est aussi contre-indiqué pour les femmes enceintes ou allaitantes et aux jeunes de moins de 18 ans, deux populations susceptibles d’être fragilisées par des déséquilibres nutritifs. Il peut également limiter l’absorption des vitamines liposolubles (A, D, E, K). Enfin, un dernier point mais pas des moindres : en cas de diarrhée sévère, l’efficacité des contraceptifs oraux peut aussi être sévèrement réduite…
Cholestérol… tant de fausses traductions !
28 avril 2009
Catégories : Ce qui exacerbe la cacophonie

Sans doute parce que ‘le cholestérol’ intéresse autant les journalistes que les acteurs de santé publique, les consommateurs ou l’agro-alimentaire, on relève souvent des inepties, des contresens, des propos faux, des simplifications maladroites à son propos. Autant de facteurs de cacophonie …
Par exemple, voici un sondage proposé sur le site de linternaute .com et auquel plus de 3200 personnes ont répondu.
Tout d’abord, la question et les 4 choix de réponse peuvent étonner et relèvent clairement d’un non-expert.
” A votre avis, lequel de ces aliments contribue le plus à augmenter le taux de bon cholestérol ?
- Le saumon 40.3%
- L’huile de colza 29.2%
- La viande rouge 20.6%
- Le blanc de poulet 8.3% “
Les taux de réponses reflètent sans doute l’influence de la communication “oméga 3″ ou de l’image historique du “poisson bon pour la santé”.
(A ce propos, les “oméga 3″ n’ont pas d’effet admis sur le taux de cholestérol sanguin… et encore moins sur le “bon cholestérol” si difficile à faire augmenter).
On voit aussi un intrus, la viande rouge : la seule réponse parmi les 4 proposées à regrouper un ensemble d’aliments très hétérogène, composé d’espèces différentes (parle-t-on d’agneau ? de boeuf ?) et de morceaux différents (entrecôte ? filet ? gigot ? côtelette ?) avec des impacts potentiels sur le cholestérol sanguin très variables.
Puis arrive le commentaire éditorial…
“Vous êtes près de 41% à voter pour le saumon.
Effectivement, ce poisson est particulièrement recommandé pour s’enrichir en HDL, aussi connu sous le nom de bon cholestérol. L’huile de colza constitue également un bon apport. A éviter : les viandes rouges et autres graisses animales, surtout riches en LDL cholestérol, le méchant. Commentaire réalisé le 05/03/2008″.
Bien entendu, aucun aliment ne contient de LDL-cholestérol, ni de HDL-cholestérol qui sont des “formes” de cholestérol circulant dans le sang.
Le cholestérol contenu dans les aliments revêt toujours la même forme … de cholestérol alimentaire.
Oui, d’accord, c’est complexe. Donc sujet à mauvaise interprétation.
Raison de plus pour espérer un outil, un lieu, un site web, un organisme … qui pourraient aider les rédacteurs à faire des papiers plus … éduqués et éducatifs ?!
Source photo : alanhealthupdate.blogpost. com
Quand un expert s’oppose à un autre expert …
31 mars 2009
Catégories : Ce qui exacerbe la cacophonie

… Qu’est-ce qu’il en ressort ? des querelles d’experts ! … qui viennent exacerber la cacophonie nutritionnelle.
Cela se passe aux Journée de Nutrition Pratique (aussi connu sous le nom de Dietecom). Donc devant une audience de professionnels de santé et autres scientifiques. Jusque là tout va bien puisqu’on est entre scientifiques, doués d’un esprit critique…
La question est centrée sur l’impact des acides gras saturés sur le risque cardio-vasculaire.
L’audience captivée est là pour comprendre, savoir plus, savoir mieux, et… ensuite répéter à ses patients, ou à la presse, ou à ses étudiants, ou à son entourage !
Et c’est bien là que ça se gâte … car chacun repart avec ses convictions, reboostés par cet échange brillant entre ultra-spécialistes des lipides, ayant fait le plein d’un nouveau jargon à défaut d’un consensus … et la cacophonie s’amplifie.
Post inspiré par une discussion avec Valérie Philippon (merci !)
Photo : Le monde.fr
Le consommateur ne sait plus à quel aliment sain se vouer
30 mars 2009
Catégories : Ce qui exacerbe la cacophonie
Après la viande rouge, le sucre, le lait, le sel, mis au ban, c’est désormais le verre de vin quotidien qui trinque ! Entre les avertissements des uns et les recommandations des autres, le consommateur ne sait plus à quel aliment sain se vouer. Jusque là, dans l’opinion publique, une consommation modérée de vin protégeait des maladies cardio-vasculaires, voire de certains cancers grâce à ses polyphénols et même de la maladie d’Alzheimer. C’est ce qu’on appelait le French paradox. Et soudain, coup de théâtre : l’Institut national du cancer (Inca) affirme que le vin rouge ne protègerait pas contre le cancer, bien au contraire… L’Inca va jusqu’à bannir le fameux petit verre de vin quotidien, en rupture avec la notion de modération.
Qui croire ?
Comment décrire la cacophonie alimentaire ?
26 mars 2009
Catégories : Cacophonie, Ce qui exacerbe la cacophonie
Rien ne vaut un retour aux textes de départ… vous trouverez ci-dessous un lien vers un article de Claude Fischler datant de 1995.
En voici quelques extraits :
- “… une confusion de prescriptions et de mises en garde dans laquelle ils ne parviennent pas, ou ils parviennent difficilement, à se retrouver”.
- ” Dans cette cacophonie, on affirme fréquemment scepticisme, lassitude pour conclure qu’il ne faut attendre son salut que de soi-même…”
- ” Un tiraillement est perçu entre la raison et le désir, la règle et le fait, l’idéal et la réalité… ”
-”… le discours nutritionnel, en revanche, a contribué à ancrer l’idée selon laquelle le mode de vie et
l’alimentation modernes sont par essence nocifs,…”
-”La dichotomie, l’opposition traditionnellement maintenue entre le gastronomique et le diététique, le goût et les besoins, semble néfaste.”
L’article complet en cliquant ici !
lemangeur-ocha.com. Fischler Claude. La cacophonie diététique. Ce que manger veut dire (dossier), L’Ecole
des Parents, n°5/1995.
Article - Cacophonie des discours nutrition dans la publicité alimentaire
9 mars 2009
Catégories : Cacophonie, Ce qui exacerbe la cacophonie, Publications
Cet article de Mabel Gracia Arnaiz a été publié en 2001 (donc avant le réglement européen des allégations nutritionnelles et de santé et le concept de profil nutritionnel) parlait déjà de la cacophonie nutritionnelle véhiculée au travers de la publicité.


